François, dit 

Michel Simon

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Acteur suisse ( Genève 1895 - Bry-sur-Marne 1975).

Turbulent et fugueur, Michel Simon fait preuve, dès sa jeune enfance, d'une forte personnalité. Épris de liberté, il arrive à Paris à 16 ans, où il exerce divers petits métiers : camelot, bonimenteur, prestidigitateur, etc. Rappelé en Suisse lors de la guerre de 1914-1918, il y rencontre, en 1915, le metteur en scène de théâtre Georges Pitoëff et débute en 1920, à Genève, dans Mesure pour mesure de Shakespeare avec trois répliques. Il suit la compagnie Pitoëff lorsqu'elle s'installe, début 1922, à la Comédie des Champs-Élysées et joue Oscar Wald, Georges Bernard Shaw, Maxim Korkhy, Anton Tchekhov, imposant peu à peu une personnalité tour à tour inquiétante, pitoyable ou cocasse, qui en fait l'un des comédiens de théâtre les plus populaires en France. En 1926, il entre dans la troupe de Louis Jouvet, puis, en 1930, il est engagé au théâtre du Gymnase, dirigé par Henry Bernstein. Bien que sollicité de plus en plus par le cinéma, il n'abandonnera jamais les planches, s'y produisant régulièrement jusqu'en 1965. Il y jouera notamment près de six cents fois Du vent dans les branches de sassafras, de René Olbadia. C'est avec le personnage de Clo-Clo dans Jean de la lune (Jean Choux, 1931) que Michel Simon devient une vedette de cinéma. En un demi-siècle, il interprétera plus de cent films, de La Vocation d'André Carrel (Jean Choux, 1925) à L'Ibis rouge (Jean-Pierre Mocky, 1975). Passant allégrement de la bouffonnerie au tragique, ce comédien atypique sait incarner, en restant lui- même, les personnages les plus divers : amant bafoué (La Chienne, Jean Renoir, 1931), clochard paillard (Boudu sauvé des eaux, 1932), marinier poète (L'Atalante, Jean Vigo, 1934), botaniste maniaque (Drôle de drame, Marcel Carné, 1937), cabotin dérisoire (La Fin du jour, Julien Duvivier, 1939), fier-à-bras truculent (Fric-Frac, Maurice Lehmann et Claude Autant-Lara, 1939), assassin (Panique, Julien Duvivier, 1946 ; Non coupable, Henri Decoin, 1947 ; La Poison, Sacha Guitry 1951) ou vieillard raciste, mais au cœur d'or (Le Vieil Homme et l'Enfant, Claude Berri, 1967).

Poches sous les yeux, bouche lippue, rides, plis et bosses sur tout le visage, cheveux hirsutes ou gominés, diction ânonnée et voix chevrotante, silhouette voûtée, démarche de guingois, Michel Simon a su faire de sa laideur l'atout maître de son insolite talent, alliage parfait de naturel et d'artifice, de méchanceté et de bonhomie, de perversité et d'ingénuité.

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