La science fiction

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La science-fiction, considérée d'abord comme une sous- littérature, a désormais acquis ses lettres de noblesse. En anticipant les progrès de la technique, elle se révèle être souvent une réflexion sur les grandes interrogations du monde contemporain.

Genre littéraire ou cinématographique dans lequel s'exprime un imaginaire fondé sur les possibilités avérées ou supposées de la science et de la technique.

La science-fiction (ou S.F.) recoupe largement le genre de l' anticipation, encore que rien n'impose à une " fiction scientifique " de se situer dans un avenir anticipé et qu'un récit d'anticipation puisse ne pas faire intervenir d'éléments d'allure scientifique. En réalité, la science-fiction et l'anticipation se recouvrent parce que la première ne se contente pas de mettre en œuvre telle ou telle fiction scientifique (ponctuelle), mais postule un univers complet dont le développement scientifico-technique n'est supposable que par un saut dans l'avenir.

Cette volonté globalisante permet de distinguer la science-fiction du fantastique, même quand celui-ci utilise des éléments plus ou moins scientifiques. En revanche, elle la rapprocherait de l'utopie, dont elle partage parfois les visées philosophiques ou idéologiques, mais dont elle se sépare par un propos beaucoup plus clairement romanesque.

Les origines

Si l'imaginaire de la science-fiction n'est pas différent de l'imaginaire de la création littéraire dans son ensemble, les spéculations scientifiques y occupent une place prépondérante, avec leurs mondes extraterrestres, leurs robots, etc. Le mythe du progrès scientifique, au XIXe siècle, et l'essor technologique du début du XX e siècle ne sont pas seuls à préparer l' éclosion du genre. S'il est excessif de considérer les utopies de Cyrano de Bergerac, de Jonathan Swif et de Louis Sébastien Mercier comme fondatrices de la science-fiction, dans la mesure où ce n'est pas le mythe scientifique qui y est à l' œuvre, le Frankenstein (1818) de Mary shelley, lui, en annonce déjà certains thèmes essentiels. Les véritables pères fondateurs du genre sont Jules Verne (1828-1905) et surtout Herbert Georges Wells (1866-1946), l'auteur de La Machine à remonter le temps (1895) et de La Guerre des mondes (1898). Dans le sillage des romans d'anticipation scientifique, des extraterrestres aux formes géométriques apparaissent pour la première fois sous la plume de J. H. Rony (Les Xipéhuz, 1887), et l'enthousiasme populaire pour les romans-feuilletons scientifiques s'épanouit en France avant la Première Guerre mondiale : La Roue fulgurante (1908) de Jean de La Hire (1878-1956), Le Prisonnier de la planète Mars (1908) de Gustave Le Rouge (1867-1938), Le Péril bleu (1910) de Maurice Renard (1875-1939). La France n'est pas seule touchée par cette vogue, qui inspire l'Américain Edgard Rice Burroughs  (1875-1950), le Russe Ievgueni Zamiatine (Nous autres, 1921), ou le Tchèque Karel kapeck (1890-1938), qui introduit, en 1921, le terme de " robot " dans RUR (Rosum's Universal Robots).

Les débuts de la science-fiction américaine

C'est aux États-Unis que l'engouement est le plus fort, depuis la parution en pulps (magazines imprimés sur du papier de médiocre qualité) de Ralph 124 C41 + (1911), de Hugo Gernsbach (1884-1967). Écrivain sans réel talent, mais génial entrepreneur, il organise l'édition de ces magazines " grand public " et favorise l'explosion d'un genre qu'il qualifie le premier de scientifiction (1926) et qui deviendra en 1929 la science-fiction. D'innombrables nouvelles de qualité très inégale foisonnent alors, illustrant la diversité du genre : le space opera, popularisé par E. E. S mith (1890-1965) avec la série des skylark (La Cuvée des astres , 1928), chante les combats intergalactiques, tandis que l' heroc fantasy jette ses héros dans un monde plus proche du mythe avec R. E. H oward (1906-1936), créateur du célèbre Conan le Cimmérien (1932). C'est à cette époque que l'on mesure le mieux combien la science-fiction est l'expression d'une société. À ses débuts en Europe, elle reflète l'espoir placé dans les sciences et la technologie ; envahissant les magazines américains elle est, dans ses thèmes puérils, l'image d'une jeune nation enthousiaste. Dans les années 1930, en France, les romans de Régis Messac (1893-1945) et de Jacques Spitz (1896-1963) sont marqués par les conséquences de la Première guerre mondiale. L'espoir fait place à une méfiance à l'égard du progrès.

L'âge d'or

Autour de la Seconde Guerre mondiale, la science-fiction entre dans son âge d'or. C'est l'époque des maîtres du genre : Aldous Huxley (1894-1963) a abandonné la facilité pour une réflexion pessimiste sur le progrès humain (Le Meilleur des mondes, 1932), et un même pessimisme envahit des récits d'Isaac Ulsinov (Fondation, 1942), de René Barjavel (Ravage, 1943), de Clifford D. S imak (Demain les chiens , 1944), de George Orwell   (1984, 1949) et de Ray Bradbury (Chroniques martiennes, 1950, nouvelles ; Fahrenheit 451, 1953). À l'anticipation scientifique héritée de Verne et à la fantaisie des pulps succède, avec ces grands romans, la contre-utopie, critique d'une société devenue inquiétante. La science-fiction n'est plus seulement l'évasion vers des mondes imaginés, mais aussi l'expression des peurs que font naître un progrès dangereux et une évolution sociale aliénante. Mais loin de se limiter à cette métaphore des craintes, le genre s' élargit et tente d'établir des règles, d'ailleurs toujours dépassées. John W. C ampbell (1910-1971) fait figure de maître à penser auprès d'auteurs prestigieux, accueillant dans sa revue Astounding (plus Analog) Robert A. H einlein (1907-1988), auteur caractéristique de l'optimisme américain (En terre étrangère, 1961), Theodore Sturgeon, A. E. V an Vogt. À cet âge d'or, appartiennent aussi Arthur C. C larke (né en 1917), dont la passion pour l'exploration de l'univers nourrit 2001, l' odyssée de l'espace (1968), Theodore Sturgeon (1918-1985), Franck Herbert (1920-1996) et son best-seller Dune (1965), ou encore Phipp K. Dick (1928-1982 ; Le Maître du Haut-Château , 1962). Des collections apparaissent en France (" Le Rayon fantastique ", 1951 ; " Présence du futur ", 1953), qui publient d'abord des traductions avant que ne s'y illustrent Jacques Sternberg (né en 1923), André Ruellan, alias Kurt Steiner (né en 1922), Philippe Curval (né en 1929), Alain Dorémieux ( né en 1933), Michel Jeury (né en 1934), Gérard Klein (né en 1937). La science-fiction continue alors d'être fortement marquée par les problèmes sociaux, notamment l'urbanisme et l'écologie, puis par la politique, comme dans les romans de Jean-Pierre Andrevon (né en 1937) et du Russe Ivan Efremov (1907-1972). Ce sont les mêmes tendances idéologiques qui dominent chez les Américains Norman Spinrad (né en 1940), Thomas M. D ish (né en 1940), Samuel Delany (né en 1942) et les Britanniques Brian W. A ldiss (né en 1925), J. G. B allard (né en 1930), John Brunner (né en 1934 ; Tous à Zanzibar, 1968).

Évolution du genre

La science-fiction est en perpétuelle évolution. Jamais le genre ne se fige, et chaque essoufflement voit naître des métamorphoses. À la mythologie poétique de Roger Zelazny (né en 1937) s'ajoute l'humour de Kurt Vonnegut (né en 1922 ; Le Cri de l'engoulevent dans Manhattan désert, 1976), de John Sladek ( né en 1925) et du Polonais Stanislas Lem (né en 1921 ; Solaris, 1961). Parfois les frontières s'amenuisent entre science-fiction, fantastique et fantasy, mais, malgré ses difficultés à conserver des caractéristiques qui la distinguent des autres genres, la science-fiction satisfait toujours un très vaste public partout dans le monde. De jeunes auteurs continuent d'animer une littérature vivante et d'en exploiter les thèmes traditionnels en les adaptant sans cesse, tels Serge Brussolo (né en 1951) et Joël Houssin (né en 1953), Dan Simmons (né en 1948), Lucius Shepard, David Brin ( né en 1950) et Orson S. C ard (né en 1951).

Les hommes de l'avenir

L'un des thèmes favoris du genre est la cité future, sombre géhenne où un pouvoir aussi tyrannique qu'invisible écrase les individus : Métropolis (Fritz Lang, 1927), Alphaville (Jean-Luc Godard, 1965), THX 1138 (George Lucas, 1971), Orange mécanique (Stanley kubrick, 1971), Soleil vert (Richard Fleischer, 1973), Brazil (Terry Gilliam, 1985).

Un autre thème, fortement libérateur de l'imagination, est le voyage dans le temps et dans l'espace, illustré par des films aussi différents que La Machine à explorer le temps (George Pal, 1960), La Jetée (Chris Marker, 1962), Le Voyage fantastique (Richard Fleischer, 1966).

Un certain souci d'authenticité animait les premiers cinéastes qui imaginèrent la conquête spatiale : La Femme sur la lune (Fritz Lang, 1929); Destination Lune (Irving Pichel, 1950), La Conquête de l'espace (Byron Haskin, 1954). Mais avec 2001, l'odyssée de l'espace (Stanley Kubrick, 1968), et avec Solaris (Andreï Tarkovski, 1972), l'aventure technologique se transforme au cours du film en aventure intérieure.

Les périls du futur

L'invasion de notre planète par des extraterrestres (les premiers déferlements coïncident - ce n'est pas un hasard - avec les débuts de la guerre froide) est un autre thème privilégié de la science-fiction : La Chose d'un autre monde (Christian Nyby, 1951), L'Invasion des profanateurs de sépultures (Don Siegel, 1955), Le Village des damnés (Wolf Rilla, 1960), Alien (Ridley Scott, 1979).

La peur de l'autre et de l'ailleurs débouchent sur la guerre interplanétaire. Parmi de nombreux titres, citons La Guerre des mondes (Byron Haskins, 1953), la trilogie constituée à partir de La Guerre des étoiles (George Lucas, 1977) et Independance Day (Roland Emmerich, 1996). Cependant, quelques films jouent la carte de la paix avec les extraterrestres : Le Jour où la terre s' arrêta (Robert Wise, 1951), Rencontres du 3e type (1977) et E.T. l'Extraterrestre (1982) de Steven Spelberg.

Au cours des années 1950, l'horreur atomique inspira souvent des films évoquant la peur du lendemain - Cinq Survivants (Archie Oboler, 1951), Le Dernier Rivage (Stanley Kramer, 1959) - ou encore les mutations provoquées par la radioactivité - Godzilla (1954) et Rodan (1956) d'Inoshiro Honda, Des monstres attaquent la ville (Gordon Douglas, 1954), L'Homme qui rétrécit ( Jack Arnold, 1957).

Enfin, le dernier-né des thèmes de la science-fiction, au cinéma, est le péril introduit par le désordre écologique : Silent Running (Douglas Trumbull, 1971), Phase IV (Saul Bass, 1973).

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"Alien, le retour", 1986.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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"Brazil", 1984.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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"La guerre des étoile", 1977.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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"Les envahisseurs de Sirius", 1939.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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"Le retour du Jedi", 1983.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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"Station orbitale".