Piccoli Michel
                RETOUR

Acteur français (né à Paris en 1925).

Au TNP (Théâtre national populaire), sous la direction de Jean Vilar et au côté, entre autres, de Gérard Philipe Michel Piccoli joue des pièces de Jean Anouilh, Samuel Becket ou Eugène Ionesco. Son premier grand rôle à l' écran est celui d'un mineur de fond, dans Le Point du jour (1949), de Louis Daquin. Dès lors, il ne cesse de tourner et, en même temps que croît sa notoriété, la diversité des films dans lesquels il apparaît, tels que La Mort en ce jardin (Luis Bunuel, 1956), Le Doulos (Jean-Pierre Melville, 1962), Le Mépris (Jean-Luc Godard , 1963), témoigne de sa volonté de ne pas figer son image dans le seul personnage de Don Juan - auquel sa séduction naturelle semble le destiner - qu'il incarne en 1963 pour la télévision. Devenu, au cours des années 1960, une valeur sûre du cinéma français, il change de registre avec un évident plaisir. Il tourne sous la direction de Marco ferreri à l'univers provocateur et dérangeant (Dillinger est mort, 1968 ; La Grande Bouffe, 1973), retrouve Luis Buñuel et ses fantasmes (Belle de jour, 1967 ; Le Charme discret de la bourgeoisie, 1974), se transforme en meurtrier ou en escroc dans les films de Francis Girod (Le Trio infernal, 1974 ; René la Canne, 1976), s' intègre à la comédie humaine de Claude Sautet qui le révèle fragile (Les Choses de la vie, 1969) ou odieux (Max et les Ferrailleurs, 1970). Plus sa carrière avance, plus il privilégie les rôles antipathiques ou équivoques : père incestueux (La Fille prodigue, Jacques Doillon, 1981), mari brutal (Une chambre en ville , Jacques Demy, 1982), démagogue dangereux (Le Prix du danger, Yves Boysset, 1983) ou Le Paltoquet (Michel Deville, 1986), sans craindre d'apparaître laid ou ridicule. " Je crois à la démesure. Les personnages raisonnables sont les plus ennuyeux, les plus anodins ", déclare ce comédien inclassable qui se joue avec jubilation des risques de son métier.

                                 __________________________