Simone Roussel, dite

Michèle Morgan

MicheleMorgan.jpg (38880 octets)                RETOUR

Actrice française (née à Neuilly-sur-Seine en 1920).

Adolescente timide, elle réussit, alors qu'elle n'a que quinze ans et que son père s'oppose à sa vocation, à se glisser parmi les figurantes du film Mademoiselle Mozart (1935), d'Yvan Noë. Elle apparaît encore dans quelques films avant d'être engagée pour donner la réplique à Raimu dans Gribouille (1937), de Marc Allégret. Sa prestation est d'une telle qualité que, l'année suivante, Allégret lui confie le rôle principal d'Orage , aux côtés de Charles Boyer. Mais, c'est avec Le Quai des brumes (1938) de Marcel Carné, que Michèle Morgan, coiffée d'un béret et vêtue d'un imperméable noir serré à la taille, devient une vedette. Devenue quasi légendaire, la réplique concernant son regard, que lui murmure son partenaire Jean Gabin définit au mieux la fascination que l'actrice va exercer sur le public tout au long de sa prestigieuse carrière. En 1939, elle tourne La Loi du Nord (jacques Feyder) et Remorques (Jean Gremillon) avant de partir pour Hollywood où on l'accueille en star mais où, cependant, on ne lui propose que des films médiocres. De retour en France, elle interprète la jeune aveugle de La Symphonie pastorale (1946), adaptation par Jean Delannoy du court roman d'André Gide. Avec ce rôle, qui lui vaut le prix d'interprétation au festival de Cannes, elle retrouve toute sa popularité et son rang de meilleure actrice française. Delannoy la dirigera à nouveau dans Aux yeux du souvenir (1948), La Minute de vérité (1952), où elle retrouve Jean Gabin, et Marie-Antoinette (1955). Elle tournera sous la direction des plus grands cinéastes : l'Italien Alessandro Blasetti (Fabiola, 1948) et les FrançaisRené Clement (Le Château de verre, 1950), Jean Grémillon ( L'Étrange Madame X, 1950), Yves Allégret (Les Orgueilleux, 1953, avec Gérard Philipe), Claude autant-Lara (Marguerite de la nuit, 1955, avec Ives Montand), rené Clair (Les Grandes Manœuvres , 1955), André Cayatte (Le Miroir à deux faces, 1958, avec Bouvil). " De 1960 à 1965, je tourne beaucoup, trop, quinze films en cinq ans... " écrit-elle dans son autobiographie (Avec ces yeux-là, 1977). Elle prend alors la décision de limiter ses apparitions aux seuls films qui lui paraissent dignes d'intérêt. C'est ainsi qu'elle choisira d'interpréter, dans Benjamin (1967), de Michel Deville une comtesse du XVIIIe siècle à l'automne de sa beauté et de sa vie et, dans Le Chat et la souris (1975), de Claude Lelouch, une grande bourgeoise soupçonnée d'un crime qu'elle n'a pas commis. Dans ce dernier film, ainsi que l'écrit l'historien Pierre Billard : " Ce regard, cette voix de Michèle Morgan, qui n'ont cessé de vibrer à travers les ans dans le souvenir de millions de spectateurs, sont intacts et plus jeunes que jamais. "

                                        _________________________