La diffusion

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Le film est né ; mais, pour qu'il vive en tant qu'objet culturel, il doit être projeté sur un écran et trouver un public. Pour affronter cette ultime étape, il passe des mains de ses concepteurs artistiques et financiers à celles des publicitaires et des vendeurs.

La distribution.

Le distributeur est un intermédiaire entre le fabricant-producteur et le détaillant -exploitant, dont la fonction est d'organiser la diffusion commerciale du film qui lui est confié pour une période et sur un territoire donnés.

Aidé de l'attaché(e) de presse, il en assure le lancement et la promotion auprès de la presse écrite et des médias. Il organise des projections, commande le film-annonce, l'affiche et le matériel publicitaire. Il fait tirer le nombre de copies nécessaires à l'exploitation. Il faut noter que si les frais de publicité et de copies sont à la charge du producteur, le distributeur en fait l'avance, prenant ainsi sa part du risque que représente toujours la sortie du film.

Ensuite, fort de tout ce travail et de cette préparation, le distributeur place le film sur le marché, établit le calendrier de sortie des copies et négocie contractuellement leur location auprès de ses clients, les programmateurs des réseaux de salles et les exploitants de salles indépendantes. Cette négociation joue sur de nombreux critères, les uns tangibles (la détermination du taux de la part film, entre 25 % et 50 % de la recette nette, dite " hors taxes "), les autres plus obscurs (valeur commerciale présumée du film, priorité accordée à certains circuits ou à certaines salles, etc.). Enfin, il veille au règlement, par les salles, de cette part film qu'il ventile ensuite entre le producteur et ses ayants droit, sans oublier de prélever le pourcentage qui lui revient (de 30 % à 50 % de cette part, selon l'importance de sa participation au financement du film, sous forme d'à-valoir ou de garanties).

Depuis la fin des années 1980, certaines tâches matérielles qui relevaient de la distribution sont souvent sous-traitées à des sociétés de services, dites distributeurs physiques, qui assurent le stockage des copies, veillent à leur acheminement et à leur retour, assurent - de plus en plus rarement, hélas - leur vérification et pourvoient en principe à leur entretien.

L'exploitation.

Ultime maillon de la chaîne cinématographique, l'exploitation établit le lien entre le film et le public. Sur le plan économique, c'est le secteur qui profite le plus des bénéfices apportés par le film : selon les chiffres de 1995, il recueille 51,22 % de la recette hors taxes et la SACEM ( Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, qui perçoit des droits sur l'exécution des œuvres musicales), 48,78 % seulement, qui sont conjointement à la production et à la distribution. C'est aussi le secteur qui a le plus évolué pour faire face à la baisse de fréquentation dans les salles, sévissant depuis 1958 : disparition de nombreuses salles de quartier, création de multisalles à partir de la fin des années 1960, ouverture de multiplexes géants. On a assisté par ailleurs à une concentration croissante des salles entre les mains de grands groupes (UGC, Gaumont, Pathé) qui accaparent les films porteurs (ceux qui réunissent le plus vaste public). De ce fait, les salles indépendantes connaissent une situation difficile.

Dans la conception traditionnelle de son métier, l'exploitant gère la salle et son personnel (projectionniste, caissière, contrôleur, ouvreuse ou hôtesse), négocie avec le distributeur le film qu'il souhaite présenter, assure la publicité par affichage et voie de presse, veille au bon déroulement de la séance et adresse le bordereau de recettes au distributeur et au CNC (Centre national de la cinématographie).

La programmation.

L'évolution de la profession transforme actuellement les responsables dépendant d'un groupe ou d'un circuit en simples directeurs de salles qui conservent les tâches énumérées plus haut, à l'exception de la plus noble : la programmation, confiée à des programmateurs qui couvrent une région ou même l'ensemble du territoire national. L'activité clé que représentent le choix et la mise sur écran d'un film repose donc sur un nombre restreint d'individus qui programment les salles des trois grands circuits (UGC, Gaumont, Pathé) assurant quasiment la moitié de la recette nationale.

Ainsi, la salle de cinéma est le lieu où se conclut l'aventure du film avant qu'elle ne se prolonge à domicile sur le petit écran de la télévision. L'opération commerciale trouve sa finalité dans la recette. L'opération technique s' achève avec la projection sur écran. La dimension culturelle s' établit quand l'œuvre et le public se rencontrent. Le film appartient désormais au spectateur.

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