| Huppert Isabelle | RETOUR | |||
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Actrice française (née à Paris en 1955). Dans ses premiers films, avec son visage d'adolescente et son corps de femme, elle suscite, non sans perversité, le désir des hommes : Dupont Lajoie (1975, d'Yves Boisset), Le Juge et l'Assassin (1976, de Bertrand Tavrnier). Elle paraît alors vouée aux rôles de victime passive, du destin autant que d'un comportement équivoque, comme l'est, exemplairement, La Dentellière (1977, de Claude Goretta). Pourtant, en Violette Nozière (1978, de Claude Chabrol, elle se rebelle, sans bruit, contre la médiocrité de son existence, jusqu'à assassiner ses parents. Dès lors, ses personnages seront souvent des monstres de duplicité sous le masque de l'innocence. Elle sera nymphomane meurtrière dans Eaux profondes (1981, de Michel Deville) et dans Coup de torchon (1981, de B. Tavernier) et incarnera La Garce (1984, de Christine Pascal) archétypique, de même que dans Loulou (1980, de Maurice Pialat), dans La Truite (1982, de Joseph Losey), et encore dans La Femme de mon pote (1983, de Bertrand Blier). Mais c'est sous la direction de Claude Chabrol qu'Isabelle Huppert atteint à la perfection dans le délicat registre de l'ambiguïté. Après Violette Nozière, le cinéaste lui confie un rôle d'avorteuse dans Une affaire de femmes (1988), celui de Madame Bovary (1991) et celui de la jeune postière auteur du sanglant massacre de La Cérémonie (1955). Adultères ou criminelles, pitoyables et odieuses, ces héroïnes de faits divers sont les proies d'un monde régi par le désir, la violence, la loi des hommes ; toutes lui opposent l'indomptable volonté d'y inscrire, fût-ce au prix du sang, leur inaliénable identité de femmes libres. En cela, elles exaucent le vœu de l'actrice qui les incarne : " J'aimerais qu'à l'écran, les femmes aient des rôles actifs, qu'elles nouent et dénouent les intrigues. " __________________________ |
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