Delon Alain DELON 1.jpg (20246 octets)                RETOUR

Acteur et cinéaste français (né à Sceaux, Hauts-de-Seine, en 1935).

Il termine de chaotiques études avec un CAP de charcutier. Mais, faute de vocation, il s'engage et combat en Indochine. À son retour, il hante Saint-Germain-des-Prés, rencontre Jean-Claude Brialy, avec qui il descend à Cannes pour le festival. Remarqué par un imprésario, il fait un essai au vu duquel le producteur David O. S elznick lui propose un contrat à Hollywood, sous réserve qu'il apprenne d'abord l'anglais. Sceptique, Alain préfère débuter sous la direction d'Yves Allégret, en 1957, dans Quand la femme s'en mêle. Il a le physique d'un jeune premier et aurait pu le rester si sa carrière n'avait pris un tournant en 1960 : dans Plein soleil de René Clément, il incarne en effet un personnage tout à la fois ange et démon, inquiétant à force d'ambiguïté. Luchino Visconti le remarque et lui offre, dans Rocco et ses frères (1960) et dans Le Guépard (1963), des rôles qui imposent son talent. Entre les deux, il avait été dirigé dans L'Éclipse (1962) par un autre maître du cinéma italien, Michelangelo Antonioni.Promu vedette, Alain Delon multiplie les succès dans les genres les plus divers : le policier ( Mélodie en sous-sol, d'Henri Verneuil, 1963), le film noir (Les Félins, R. Clément, 1964), le film d'aventures (Les Aventuriers, de Robert Enrico, 1966). Homme d'affaires avisé, il participe au financement de nombre de ses films, en particulier de ceux qui confortent son image de flic ou de voyou de charme, cascadeur de surcroît, dans un registre voisin de celui de Jean-Paul Belmondo - il s'en distingue toutefois par une dureté et une distance contrastant avec le style familier de ce dernier. Le Clan des Siciliens (1969) d'Henri Verneuil, Borsalino (1970) et Flic Story (1975) de Jacques Deray, Le Samouraï (1967), Le Cercle rouge (1970) et Un flic (1972) deJean-Pierre Meleville confirment le bien-fondé de ses choix. Mais son personnage de policier ou de gangster perd peu à peu son impact, comme le prouve le relatif échec de Pour la peau d'un flic (1981) et du Battant (1983), qu'il réalise lui-même pour tenter d'insuffler une nouvelle jeunesse à son mythe. Conscient de la nécessité de se renouveler, Delon finance et interprète des œuvres atypiques (Le Professeur, Valerio Zurlini, 1972 ; M. Klein, Joseph Losey, 1976 ; L'Homme pressé, Édouard Molinaro, 1977 ; Attention, les enfants regardent, Serge Leroy, 1978), où il tourne le dos à son image de gagneur. Dans le même esprit, il accepte un rôle secondaire, celui du baron Charlus, dans Un amour de Swann (Volker Schlöndorff, 1984), il incarne un alcoolique à la dérive dans Notre histoire (Bertrand Blier, 1984), rôle qui lui vaut un césar ; et il se plie aux volontés de Jean-Luc Godard dans Nouvelle Vague (1990).

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