La Comédie Musicale

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Genre cinématographique mêlant chants et danses.

Genre typiquement hollywoodien, la comédie musicale est née en 1927 avec le premier film sonore, Le Chanteur de jazz. Elle prend son essor à partir de Broadway Melody of 1929, film de Harry Beaumont lancé par ce slogan : " All talking ! All singing ! All dancing ! ", qui indique bien les trois éléments constitutifs de la comédie musicale : la parole, le chant, la danse.

Que le spectacle commence !

Dans un premier temps, les studios hollywoodiens se contentent de reproduire les revues de music-hall les plus célèbres de Broadway. Quatre-vingt-dix films de ce genre sortent en 1930, alignant numéros de danse et de chant, comme sur une scène, sans souci de les relier par une intrigue : Paramount on Parade, Hollywood Revue, On with the Show et autres King of Jazz inondent les écrans jusqu'à saturation du public. Les producteurs décident alors que les comédies musicales doivent raconter une histoire qui serve de prétexte aux intermèdes musicaux. Ceux-ci échappent désormais à l'étroitesse du cadre scénique et sont conçus directement pour l'écran et ses infinies ressources spectaculaires. Le spécialiste de ces " shows " cinématographiques est Busby Berkeley, visionnaire de génie, qui, avec des dizaines de girls, de nageuses, de pianos, compose des kaléidoscopes vivants dont les arabesques sont démultipliées par des jeux de lumière, de miroirs et par les amples mouvements d'une caméra qui chorégraphie l'ensemble dans l'espace. Quand aux intrigues, passe-partout, de Prologues et 42e rue (1933), Wonder Bar (1934) et de la série des Chercheuses d'or (1933, 1935, 1937), parmi beaucoup d'autres, elles relatent l'avant, le pendant et l'après des numéros musicaux, les travaux et les jours, les peines et les amours de leurs protagonistes, qui finissent toujours par triompher en chantant et en dansant.

Parallèlement à cette production qui, dans les années 1930, conserve à la comédie musicale son cadre d'origine, les coulisses et la scène d'un théâtre, se développe un courant qui situe les intrigues dans la vie quotidienne. Illustré par les films interprétés par le couple Fred Astaire-G. Rogers, ce courant fait naître le chant et la danse d'une situation dont ils sont le prolongement naturel, la traduction mélodique, chorégraphique, poétique. Plus question, ici, de performance visuelle ; les héros chantent et dansent là où l'émotion les surprend, dans un parc, au sommet d'un gratte-ciel, à la patinoire, et leurs évolutions sont une autre manière d'exprimer leurs sentiments profonds.

L' apogée d'un genre.

Les comédies musicales les plus prestigieuses - Yolanda et le voleur ( V. Minnelli, 1945), Parade de printemps (C. W alters) et Le Pirate (V. Minnelli, 1948), Un jour à New York (S. D onen et G. kelly, 1949), Mariage royal (S. Donen, 1951), Chantons sous la pluie (S. Donen et G. Kelly) et La Belle de New York (C. Walters, 1952), Tous en scène (V. Minnelli, 1953), Brigadoon (V. Minnelli, 1954), Beau fixe sur New York (S. Donen et G. Kelly, 1955), La Belle de Moscou (R. Mamoulian, 1957)... - voient le jour dans les décennies 1940 et 1950 dans les studios de la Metro-Goldwyn Mayer, à l'initiative d'un producteur dont le nom est inséparable du genre, Arthur Freed. Cet excellent parolier de nombreuses chansons à succès (Singing in the Rain, entre autres) avait démontré son talent et son efficacité comme producteur associé du Magicien d'Oz (1939) de Victor Fleming. Nommé à la tête du Département de production des comédies musicales, il eut l'intelligence de s'entourer des meilleurs spécialistes du genre : Busby Berkeley, Stanley Donen, Vincente Minnelli, George Sidney, Charles Walters ; les interprètes, chanteurs et danseurs, les plus prestigieux : Fred Astaire, Cyd Charisse, July Garland, Gene Kelly, Ann Miller, Eleanor Powell, Vera Ellen ; avec le concours des chorégraphes Eugène Loring, Michael Kidd, Bob Fosse et Hermes Pan, des scénaristes Betty Comden et Adolph Green.

Tous ces films réalisent la fusion parfaite d'une intrigue sentimentale et gaie, de musique et de chansons entraînantes, de danses modernes et rythmées, dans des décors somptueux aux couleurs chatoyantes que seuls les énormes moyens financiers et l'organisation d'un grand studio permettent.

Un coût devenu trop lourd.

Trop coûteuses, les comédies musicales disparaissent peu à peu lorsque la crise qui frappe le cinéma dans les années 1950 et 1960 vide les salles et réduit la production. Il s'en tourne encore, de temps à autres, aussi prestigieuses que par le passé, comme My Fair Lady de George Cukor (1964). Mais la plupart ont perdu la gaieté et se font le reflet du malaise contemporain : West Side Story, de Robert Wise (1961), a pour sujet le racisme et la violence urbaine ; Que le spectacle commence, de Bob Fosse (1979), brode sur le thème de la mort ; Hair, de Milos Forman (1979), fait chanter et danser une génération perdue, New York, de Martin Scorsese (1977), Coup de cœur, de Francis Coppola (1981) ou Chorus Line, de Richard Attenborough (1985), démythifient l'univers du music-hall, révélant la misère de ses figurants, la solitude et les angoisses de ses vedettes.

De toute évidence, quelles qu'en soient les résurgences, la comédie musicale, en tant que genre cinématographique fécond, est morte et n'a aucune chance de renaître de ses cendres.

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"Chantons sous la pluie", 1952.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sue le spectacle commence, 1980.jpg (30305 octets)

"Que le spectacle commence", 1980.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

trois places pour le 26, 1988.jpg (8604 octets)

"Trois places pour le 26", 1988.

 

 

 

 

 

 

 

west side story, 1961.jpg (31366 octets)

"West side story", 1961