| Clouzot Henri Georges | ![]() |
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Cinéaste français (Né à Niort en 1907 - décédé à Paris en 1977). Il avait rêvé de devenir marin, mais est refusé à l'École navale à cause de sa vue défectueuse. Il songe à la carrière diplomatique et se retrouve journaliste, puis secrétaire de chansonniers. C'est alors qu'il prend contact avec les milieux cinématographiques, collaborant à des travaux d'adaptation, aux versions françaises de films allemands. Il réalise même un court métrage en 1931, La Terreur des Batignolles. À la fin des années 1930, il écrit quelques scénarios et, en 1941, signe les adaptations de deux romans policiers, Le Dernier des six, de Georges Lacombe, d'après Stanislas- André Steeman, et Les Inconnus dans la maison , d'Henri Decoin, d'après Georges Simenon. Déjà s'affirment, dans ce travail d'écriture, un univers et une personnalité qui vont dominer le cinéma français des décennies 1940 et 1950. L'assassin habite au 21 (1942), premier long métrage d'Henri Georges Clouzot, se déroule dans le huis clos d'une pension de famille où s'agite une monstrueuse galerie de personnages mûs par la jalousie, les rancœurs et la haine. Le Corbeau (1943) élargit cette peinture des turpitudes humaines aux dimensions d'une petite ville de province peuplée d'hypocrites, de lâches et de médiocres qu'un maître chanteur dresse les uns contre les autres. Archétype de l'œuvre haute en noirceur du cinéaste, ce film valut à son auteur plusieurs années de disgrâce. On l'accusa en effet, après la guerre, de s'être fait le complice de l'ennemi en donnant de la France une image caricaturale dominée par des traits négatifs. De retour derrière les caméras en 1947, Clouzot démontre que sa vision désespérée n'était pas circonstancielle : Quai des Orfèvres (1947) et Manon (1948) fourmillent de personnages moralement et sexuellement sordides. Le Salaire de la peur (1943) est une épopée de la cupidité et de l'échec ; Les Diaboliques (1955) et Les Espions (1957) sont des explorations au cœur de microsociétés gangrenées par le mensonge, la violence et le crime. Certains lui reprochent de tout noircir à l'excès, de se complaire dans l'ignoble, voire de se montrer cruel envers ses acteurs. Ne dit-on pas que c'est à force d'humiliations qu'il débarrassa Brigitte Bardotde son aura mythique pour la transformer, dans La Vérité (1960), en pitoyable victime de l'aveuglement judiciaire ? Quoi qu'il en soit, il reste que Clouzot - excepté Miquette et sa mère (1950), vaudeville étranger à son univers, et Le Mystère Picasso (1956), approche attentive des gestes de la création artistique - a imposé sa vision du monde - qui ressemble à L'Enfer (1964), titre du film que la maladie l' empêcha de terminer -, dans une cohérence totale du fond et de la forme, aussi noirs l'une que l'autre. _____________________ |
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