Sir Charles Spencer, dit

Charlie Chaplin

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Acteur et cinéaste anglais (Londres 1889 - Vevey, Suisse, 1977).

Mondialement connu sous le nom de Charlot, il est le plus célèbre de tous les grands cinéastes. Fils d'un couple de chanteurs de music-hall tombés dans la misère, il monte lui-même sur les planches à l'âge de cinq ans. Adolescent, il rejoint la troupe de Fred Karno, spécialisée dans la pantomime, qui l'emmène en tournée aux États-Unis en 1910, pour un an. Il y retourne en 1912 ; Marck Sennett le remarque et lui fait signer un contrat avec la société Keystone. Le personnage du vagabond est créé : melon trop petit, pantalon trop large, démarche en canard, moustache et badine vont devenir légendaires. En 1914, il tourne plus de trente-cinq courts métrages comiques et en dirige vingt-trois comme metteur en scène. En 1915, il est engagé par la compagnie Essanay, pour réaliser quatorze films. Le succès est immédiat. Charlot abandonne bientôt le comique " tarte à la crème " des débuts et réalise ses premiers chefs-d' œuvre : Charlot patine, Charlot s'évade, Charlot policeman (1916), Charlot fait une cure, L'Émigrant (1917). En 1918, il travaille pour la First National et signe un contrat de un million de dollars pour huit films en dix-huit mois. Dans sa trilogie : Une vie de chien, Charlot soldat, Une idylle aux champs, la critique sociale devient de plus en plus marquée. Le comique fait place au pathétique. En 1919, il crée sa propre maison de production avec trois amis : David Wark Griffith, Mary pickford et le mari de cette dernière, Douglas Fairbanks Les Artistes associés lui permettent enfin de tourner pour son propre compte et sans contrainte. Il prend son temps. Son premier long métrage, Le Kid (1921), qu'il va présenter lui- même en Europe, connaît un triomphe. Il réalise successivement Le Pèlerin, L'Opinion publique (1923), seul film où il n'apparaît pas, La Ruée vers l'or (1925), violente satire contre l'argent, et Le Cirque (1928). Dans ces films, Chaplin dépeint la misère, la faim, le dérisoire de l'existence. L'éternel vagabond en butte au chômage, l'amoureux transi luttant pour sa survie déclenche tantôt les rires, tantôt les larmes. En 1929, le cinéma parlant fait son apparition. Charles Chaplin vient de commencer Les Lumière de la ville. Trente mois de travail pendant lesquels il refuse de changer ses projets : son film ne parlera pas. Seule concession, il sera sonore : il compose à cette intention la partition musicale. Violent réquisitoire contre le machinisme, le progrès et l'absurdité de la vie moderne, l' œuvre suivante (œuvre maîtresse), Les Temps modernes (1936), est son dernier film muet. Le Dictateur (1940) est le film de l'engagement politique. En pleine guerre, Chaplin dénonce le fascisme. Ses positions déplaisent, une période difficile commence. Ses trois mariages, avec Mildred Harris (1918), Lita Grey (1924) et Paulette Godard (1933), avaient suscité quelques remous, mais 1942 est l'année du scandale : procès en reconnaissance de paternité, convocation devant la commission des activités anti-américaines, on s'acharne contre lui. Puisque le parlant l'a emporté sur le muet, Charlot disparaît pour laisser la place à Monsieur Verdoux (1947). La satire devient amère. Le maccarthysme l'incite à quitter les États-Unis avec sa quatrième épouse : Oona O'Neil, et leurs nombreux enfants. Il présente Les Feux de la rampe (1952) en Europe. Calvero, le personnage central, a jeté bas le masque ; star déchue que le public n'aime plus, Chaplin règle ses comptes. C'est l'exil. Il se venge encore dans Un roi à New York (1957), puis publie ses Mémoires en 1964. Sa dernière œuvre, La Comtesse de Hong Kong (1967), n'est plus qu'un divertissement mineur selon certains alors qu'elle est, pour d'autres, une confession intime aux allures de testament.

Chaplin est mort, un soir de Noël, sur une dernière pirouette. Charlot, lui, demeure immortel. Symbole de la lutte contre tous les conformismes, c'est le combattant éternel. Même battu, il ne perd jamais sa dignité ; apparemment vaincu, le petit homme relève la tête, soutenu par son idéal.

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