André Raimbourg, dit

Bourvil

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Acteur, chanteur et fantaisiste français (né à Prétot-Vicquemare 1917 - décédé à Paris en 1970).

Il passe son enfance dans le village normand de Bourville, qui lui inspirera son futur pseudonyme. Enfant, il est passionné de musique ; mais ses parents, qui le destinent à la boulangerie, le placent en apprentissage. La musique le rattrape au service militaire, qu'il accomplit dans la fanfare du 24e régiment d'infanterie à Paris. Il participe à des crochets radiophoniques et remporte celui de Radio Paris avec le répertoire de Fernandel. Démobilisé en 1940, il court le cachet avec le personnage de benêt qu'il s'est composé, pantalon trop court et veston étriqué, bégayant des monologues et des chansons comiques avec une voix de fausset. C'est sous cette apparence que Bourvil fera ses débuts au cabaret, au music-hall, au cinéma, avant de devenir, comme Louis de Funès, le plus populaire des acteurs comiques de l'après-guerre.

Le cinéma exploite d'abord son personnage de paysan, qui s'avère , au terme d'intrigues taillées à ses mesures, plus matois que bête : Pas si bête (1946), Blanc comme neige et Par la fenêtre (1948), Le Cœur sur la main (1949). Ses chansons C'est l'piston ou La Rumba du pinceau, entre autres tubes de son cru, y trouvent un tremplin vers le succès. De paysan madré à valet débrouillard, il n'y a qu'un pas qu'il franchit en endossant la livrée de Planchet dans Les Trois Mousquetaires (1953), de Passepoil dans Le Bossu (1959), de Cogolin dans Le Capitan (1960). Il est rusé, encore, mais au risque de l'opportunisme et de la veulerie, dans La Traversée de Paris de Claude Autant-Lara (1956), ou de la méchanceté, en Thénardier dans Les Misérables (1958).

Jusqu'à la fin de sa carrière, Bourvil sera considéré comme un acteur comique et, en compagnie de Fernandel (La Cuisine au beurre, 1963) et de Louis de Funès (Le Corniaud, 1965 ; La Grande Vadrouille, 1966), il tournera quelques-uns des films les plus célèbres du cinéma français. Mais il sut aussi incarner avec sensibilité des amoureux, criminel dans Le Miroir à deux faces (1958) ou sans espoir dans Fortunat (1960). Dirigé à contre-emploi par Jean-Pierre Mocky, il se transforma en voleur distingué dans Un drôle de paroissien (1963), en policier sans peur dans La Grande Frousse (1964), en professeur de latin ennemi de la télévision dans La Grande Lessive (1968), en providence des dames seules dans Étalon (1970). Il fut encore, dans Les Grandes Gueules (1965), un bûcheron rude à la tâche et, dans Le Cercle rouge de Jean-Pierre Melville (1970), un commissaire machiavélique.

Avec ses rôles drôles ou émouvants, sa simplicité, son humanité, son professionnalisme, Bourvil personnifie pour un immense public le Français moyen. C'est là la clé d'une popularité qui défie le temps.

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