| Bouquet Michel |
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Acteur français (né à Paris en 1926). À quatorze ans, il quitte l'école. Il est pâtissier, mécanicien dentiste, employé de banque ; mais il rêve de devenir acteur. Il rend visite à Maurice Escande, lui dit un poème et prend la mesure de sa vocation : " Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais c'est comme si on m'avait fait naître en tant qu'acteur " racontera-t-il plus tard dans L'Homme en jeu, ouvrage paru en 1979. Peu après, il entre au Conservatoire et, en 1944, il débute sur scène dans La Première Étape, de Claude Géraldy. En 1946, aux côtés de Gérard Philipe, il crée Caligula d'Albert Camus et joue dans la reprise du Rendez-vous de Senlis de Jean Anouilh, dont il sera encore l'interprète dans Roméo et Jeannette, L'Invitation au château, L'Alouette, Pauvre Bitos. Michel Bouquet n'abandonnera jamais la scène, jouant les classiques, Molière ( L'Avare), Diderot(Le Neveu de Rameau), Shakespeare (Henri IV), et les modernes, Beckett (En attendant Godot), Ionesco (Le Rhinocéros), Pinter (No Man's Land), parmi beaucoup d'autres. À l'écran, sa prestation en jeune voyou au regard dément dans Pattes blanches de Jean Grémillon (1948) définit le personnage qu'il sera dans nombre de ses films, équivoque et mystérieux. " J'ai un visage neutre comme un masque, se décrit -il, on peut le modifier par un petit détail, un simple accessoire. " Ce masque de notable, de bourgeois, de mari fidèle, cache des sentiments troubles, des failles psychologiques dont la subite révélation, au détour d'un regard furtif, d'une crispation des lèvres, crée un malaise indéfinissable. De cette économie de moyens, fruit du travail et de la maîtrise, Claude Chabrol tira le meilleur parti dans La Femme infidèle (1968) et Juste avant la nuit (1971), tout comme Yves Boisset dans Un condé (1970), où la névrose criminelle du personnage, un policier, lézarde peu à peu sa façade d'intégrité. ____________________
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