Blier Bernard
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Acteur français (né à Buenos Aires en 1916 - décédé à Saint-Cloud en 1989).

" Je n'ai jamais été une star ", confessait-il avec modestie vers la fin de sa carrière, alors qu'il était devenu, après environ 180 films, le plus populaire des seconds rôles du cinéma français. Dès le Conservatoire, Louis Jouvet lui avait enseigné la patience : " Prends ton temps ; tu commenceras ta carrière à cinquante ans. " Le jeune comédien n'attendra pas si longtemps car il tourne, dès 1937, cinq ou six films par an. Rôles secondaires, certes, mais l'un d'entre eux, dans Hôtel du Nord de Marcel Carné (1937), esquisse le personnage qui sera bientôt le sien, celui du Français moyen rond et débonnaire, que son physique ingrat désigne comme victime de la rouerie féminine. Il apparaîtra en effet en amoureux maladroit ou en mari trompé dans Le Café du cadran (1946), Quai des orfèvres d'Henry-Georges Clouzot(1947), Manèges d'Yves Allégret (1950). Mais il sait aussi incarner, dans L'École buissonnière (1948) l'instituteur idéal dont rêvent tous les écoliers. Avec l'âge, sa corpulence l'oriente vers des créations comiques : Les Tontons flingueurs, 1963, et Les Barbouzes, 1964, de Georges Lautner ; Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages de Michel Audiar (1968), Le Distrait de Pierre Richard (1973)... Mais derrière le bon gros jovial se dissimule parfois une personnalité inquiétante (Série noire, d'Alain Corneau, 1978), dont Bertrand Blier tirera le meilleur parti dans Buffet froid (1979), confirmant le constat de son père : " Le côté rabelaisien ne me ressemble pas du tout. " Sans doute a-t-il manqué à Bernard Blier, pour être une star, ces personnages qu'avaient incarnés Raimu ou Harry Baur. Il en avait la carrure et le talent mais, regrettait-il : " On ne les écrit plus aujourd'hui ! "

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