| Arlette-Léonie Bathiat, dite |
|
RETOUR | ||
|
Actrice française (née à Courbevoie en 1898 - décédée à Paris en 1992). " Tout au début de ma carrière, dans les revues, je m'appelais Arletti, avec un I au bout. Après, j'ai transformé le I en Y, pour faire plus chic anglais, up to date, English fashion ! " Ainsi plaisantait-elle avec son inimitable voix acidulée et sa gouaille de titi parisien. Une voix et un accent immortalisés par le film Hôtel du Nord (1938), où elle lance à Louis Jouvet la fameuse réplique : " Atmosphère, atmosphère ! Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? " Arletty débute sur scène en 1919. " Petite femme " de revue, insolente, espiègle et belle, elle connaît son premier succès en 1928 dans Yes, une opérette de Maurice Yvain. Le cinéma muet l'a ignorée, mais le parlant lui fait les yeux doux : elle a de la photogénie et, mieux encore, une voix ! Ses premiers films ont laissé peu de traces. Il lui faudra attendre 1937 et Sacha Guitry pour trouver, dans Les Perles de la couronne (1937) et Désiré (1938), ses premiers rôles dignes d'intérêt. Deux ans plus tard, elle fait rire un immense public avec Fric-Frac (Claude Autant-Lara) et Circonstances atténuantes (Jean Boyer). Sa fantaisie canaille y pétille au contact de Fernandel et de Michel Simon, ses truculents partenaires. En 1938, Hôtel du Nord et Marcel Carné impriment un cours nouveau à la carrière d'Arletty. Elle incarne Clara dans Le jour se lève (1939), " affranchie comme pas une et sentimentale comme toutes " selon un critique ; Dominique dans Les Visiteurs du soir (1942), émissaire du diable sur terre pour combattre l'amour ; Garance, enfin, dans Les Enfants du paradis (1945), beauté hiératique et brûlante. Écrits par Henri Jeanson (Hôtel du Nord) et Jacques Prévert, mis en images par Carné, ces quatre films demeurent les blasons d'un des courants les plus riches du cinéma français, le réalisme poétique dont Arletty fut une comédienne emblématique. On lui reprocha, après la guerre, d'avoir fréquenté des collaborateurs notoires et aimé un officier allemand. Un temps écartée des écrans comme de la scène , elle y revient en 1949 avec Un tramway nommé Désir de Tennessee Williams au théâtre, Portrait d'un assassin de Bernard-Roland au cinéma. Mais jamais elle ne retrouva sa splendeur passée, même si L'Air de Paris (Carné, 1954), Un otage de Brendan Behan à l'Odéon (1962) et Les Monstres sacrés de Jean Cocteauaux Ambassadeurs (1966) sont dignes de l'Arletty baptisée par son admirateur et ami Jean-Claude Brialy " diamant du cinéma français ". _______________________
|
||||