Adjani Isabelle

 


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Actrice française (née à Paris).

C'est au lycée à l'âge de 12 ans qu'elle fait ses débuts de comédienne en interprétant le rôle-titre des Fourberies de Scapin de Molière. Puis la jeune fille est présentée à Bernard Toublanc-Michel qui recherche l'héroïne de son films Le Petit Bougnat (1970). Isabelle incarne Rose, gamine délurée qui refuse de partir en colonie de vacances ; il faudra aller la chercher sur un toit pour l'y traîner de force ! Le Petit Bougnat fera un passage éclair sur les écrans, suffisant pour que Nina Companeez remarque la débutante et l'engage dans Faustine et le Bel Été (1972). Dès lors, Isabelle va travailler comme une professionnelle : elle tourne, pour la télévision, une adaptation de L'École des femmes de Molière. À Reims, en 1972, elle joue avec la troupe de Robert Hessein, La Maison de Bernarda de García Lorca, au côté d'Annie Ducaux. Celle-ci recommande sa partenaire à Jean-Paul Roussillon qui prépare une mise en scène de L'École des femmes à la Comédie Frnaçaise et cherche l'Agnès idéale. Ce sera Isabelle Adjani, qui entre au Théâtre-Français sans être passée par les classes du Conservatoire à l'âge de dix-sept ans. Sa carrière semble alors toute tracée. Mais, fin 1974, la jeune comédienne, que ses aînés et la critique saluent comme une révélation en la couronnant meilleure actrice de l'année au théatre, abandonne la scène pour le cinéma. Alors qu'elle joue encore, chaque soir, sur les planches le rôle d'Ondine de Giraudoux, Isabelle tourne La Gifle (1974) de Claude Pinoteau ; elle y affronte crânement un monstre sacré,Lino ventura. Aussitôt après, elle entreprend, sous la direction de François Truffaut, L'Histoire d'Adèle H. (1975), où l' héroïne est follement éprise d'un militaire qu'elle poursuit de ses assiduités jusqu'à perdre dignité, santé et raison. Suivront les personnages hors du commun de cinéastes exigeants : Le Locataire (1976) de Roman Polanski, Barocco (1976) et Les Sœurs Brontë (1979) d'André Téchiné, Nosferatu, fantôme de la nuit (1979) de Werner Herzog Quartet (1981) de James Ivory, Possession (1981) d'Andrzej Zulawski. Toutes ces œuvres la plongent, passionnée, tourmentée, hantée, dans une réalité aux confins du fantastique, où rôdent le désespoir, la folie et la mort. Au début des années 1980, Isabelle Adjani est au faîte de la renommée : le prix d'interprétation lui est décerné à Cannes, pour Quartet et Possession ainsi qu'un césar pour Possession ; le césarde la meilleure actrice a couronné sa prestation, en criminelle à la beauté du diable, dans L'Été meurtrier (Jean Becker, 1983). Bien qu'elle se soit révélée parfaite dans le registre de la comédie (Tout feu, tout flamme, Jean-Paul Rappenau, 1982), rien ne la motive autant, dans le choix d'un personnage, que son caractère insolite et les conflits qui l'habitent. À cet égard, Mortelle Randonnée (Claude Miller, 1983) la transforme en une tueuse en série, froide comme la glace sous ses multiples déguisements de femme fatale.

Faute, sans doute, de trouver des rôles à sa démesure - " Je veux qu'on me force à être sublime ", dit-elle -, elle espace ses apparitions à l'écran par exemple avec Subway (Luc Besson, 1985), s'essaye avec succès à la chanson uniquement pour Serge Gainsbourg, revient brièvement au théâtre pour Mademoiselle Julie d'Auguste Strindberg. Puis elle entreprend elle-même la conception et la production d'une œuvre ambitieuse, Camille Claudel ( Bruno Nuytten, 1988) où, dans le rôle de l'égérie de Rodin la comédienne exprime, à travers son personnage, l' impérieux besoin pour toute artiste femme, d'être respectée et aimée.

Plusieurs césars, dont celui de la meilleure actrice, récompensent ce film. Après ce succès personnel, Isabelle Adjani s'éloigne à nouveau des écrans. Sous la direction de Patrice Chéreau, elle revient au cinéma avec La Reine Margot (1994). Elle donne à son interprétation une force romantique mais indestructible. Après de nombreux prix d' interprétation et quatre césars, Hollywood l'appelle en 1995 pour interpréter, avec Sharon Stone, une nouvelle version des Diaboliques (1955) d'Henri-Georges Clouzot.

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